L’accès des femmes entrepreneures à la microfinance dans la ville de Matadi, en République démocratique du Congo, n’est pas une simple question d’offre, mais le résultat complexe de facteurs socio-économiques et institutionnels. C’est la conclusion d’une thèse de doctorat soutenue récemment par la cheffe de travaux Jolie Mbengi Mavinga à l’Université pédagogique nationale (UPN) de Kinshasa.
Intitulée « L’analyse des déterminants de l’accès de femmes entrepreneures à la micro finance dans la ville de Matadi », la recherche de Mme Mbengi met en lumière un paradoxe. Alors que les institutions de microfinance (IMF) affichent une volonté d’inclusion financière, certaines femmes, comme les plus âgées, mariées ou avec un niveau d’instruction élevé, se retrouvent structurellement désavantagées. L’étude, basée sur un échantillon de 384 entrepreneures, révèle un décalage entre le discours et la pratique.
Une réalité plus nuancée que les intentions
Selon l’auteure, l’accès à la microfinance est favorisé pour les femmes plus jeunes, célibataires, avec un niveau d’études moyen et qui gèrent de petites entreprises stables. L’âge, en particulier, a une influence significative et négative : plus une femme est âgée, moins elle a de chances d’accéder à ces financements.

« Les femmes entrepreneures plus jeunes sont davantage favorisées dans les circuits de microfinance à l’inverse des plus âgées », a expliqué Mme Mbengi, qui a obtenu la mention grande distinction pour son travail.
L’étude souligne également que l’accès à la microfinance ne dépend pas uniquement des caractéristiques des femmes, mais aussi des exigences des institutions, de la conscience que doivent prendre les femmes de leur propre valeur, et de l’existence d’un accompagnement technique, administratif et financier.
Vers une solution concrète ?
En plus d’identifier les obstacles, la thèse propose des solutions concrètes pour améliorer la situation. Elle met l’accent sur la nécessité de mettre en place des accompagnements administratifs, techniques, sociaux et financiers pour les femmes entrepreneures.

Ce travail de recherche offre une perspective essentielle sur les défis que rencontrent les femmes entrepreneures de Matadi. Il met en lumière l’importance d’adresser ces facteurs complexes pour garantir une véritable inclusion financière et économique dans cette partie du Kongo central.

Pour rappel, Madame Jolie Mbengi est Cheffe de travaux depuis de nombreuses années à l’Institut supérieur de commerce (ISC) de Matadi. Désormais, elle est docteure en Sciences économiques et gestion. Sa nomination comme professeure est, sans doute, imminente.
Dieu Nkembo Wankebila

